Monday, March 26, 2007

Proudhon, The Coming Era of Mutualism

This is a translation of one of Proudhon's earliest discussions of mutualism—"une théorie de MUTUALITÉ," in the original—from the System of Economic Contradictions. It appeared in The Spirit of the Age. I have appended the original French text as well.



Spirit of the Age, I, 7 (August 18, 1849), 107-8.



THE COMING ERA OF MUTUALISM.

From the "System of Contradictions in Political Economy," [V. II, 527-9]

BY P. J. PROUDHON.

If I am not deceived, my readers must be convinced at least of one thing, that Social Truth is not to be looked for either in Utopia or in the Old Routine; that Political Economy is not the Science of Society, and yet that it contains the elements of such a science, even as chaos before creation contained the elements of the universe; and finally, that in order to arrive at the definitive organization which would appear to be the destiny of our race upon this globe, it is only necessary to make a general equation of all our contradictions.

But what shall be the formula of this equation?

Already we have been enabled to perceive, that it must be a Law of Exchange, a theory of Mutualism, a system of Guarantees, which dissolves the old forms of society civil and commercial, and satisfies all the conditions of efficiency, progress and justice, which criticism has pointed out; a Society no longer merely conventional, but real, which substitutes for the present piecemeal divisions of property a scientific distribution; which abolishes the servitude [of] machinery, and prevents the crises engendered by new inventions; which converts competition into a benefit and makes of monopoly a pledge of universal security; which by the power of its principle, instead of demanding credit for capital and protection for the state, subjects both capital and the state to the uses of labor; which by the truthful honesty of the exchanges produces a real solidarity among nations; which without interdicting individual enterprise and without prohibiting domestic expenditure, incessantly restores to society the wealth that private appropriation diverts from it; which by the rapid turning over, the outflux and influx of capital, insures the political and industrial equality of citizens, and by a grand system of public education produces,—while constantly elevating the general level,—an equality of functions and an I equivalence of skill; which regenerating human conscience by justice, well being and virtue, ensures harmony and the equilibrium of generations; a society, in a word, which being at once organized and transitional, avoids what is merely provisional, guarantees all, yet leaves the way open for improvement.

This theory of Mutualism, that is to say of exchange in kind, of which the simplest form is the loan of articles of consumption is, when the collective being of society is regarded, a synthesis of the two ideas of appropriation and of communism; a synthesis as ancient as the elements of which it is composed, inasmuch a as it is only a return of society to its primitive practices, across a labyrinth of inventions and systems, the result of six thousand years of meditation upon this fundamental proposition, A equals A.

All is prepared to day for this solemn restoration; every thing announces that the reign of delusions is ended, and that society is about to return to its natural sincerity. Monopoly has swelled to a world-wide size; and monopoly embracing the world can not remain exclusive; it must either popularize itself or explode and disappear. Hypocrisy, venality, prostitution, robbery, form the very foundations of the public conscience, and unless humanity learns to live upon that which is its bane, we must believe that the era of justice and expiation draws nigh.
Already Socialism. feeling the unsatisfactoriness of Utopian dreams, applies itself to realities and facts; laughs at its own follies in Paris; plunges into discussions in Berlin, Cologne, Leipsic, Breslau; rages in England; thunders from across the Atlantic; stands ready for martyrdom in Poland; makes governmental experiments at Berne and Lausanne. Socialism, penetrating the masses, has become transformed; the people care little for the honor of particular schools; they demand work, knowledge, well-being, equality. Little reck they of sytems, if only the end they seek is gained. When the people have set their will upon a certain good, and the only question is how to obtain it, we have not long to wait before it comes; prepare to see the grand masquerade break up and vanish.—Translated for The Spirit of the Age.

===================

Si je ne me trompe, le lecteur doit être convaincu au moins d’une chose, c’est que la vérité sociale ne peut se trouver ni dans l’utopie, ni dans la routine; que l’économie politique n’est point la science de la société, mais qu’elle contient les matériaux de celle science, de la même manière que le chaos avant la création contenait les éléments de l’univers; c’est que, pour arriver à l’organisation définitive qui parait être la destinée de notre espèce sur le globe, il ne reste plus qu’h faire équation générale de toutes nos contradictions.

Mais quelle sera la formule de cette équation?

Déjà il nous est permis de l’entrevoir: ce doit être une loi d’échange, une théorie de MUTUALITÉ, un système de garanties qui résolve les formes anciennes de nos sociétés civiles et commerciales, et satisfasse à toutes les conditions d’efficacité, de progrès et de justice qu’a signalées la critique; une société non plus seulement conventionnelle, mais réelle; qui change la division parcellaire en instrument de science; qui abolisse la servitude des machines, et prévienne les crises de leur apparition; qui fasse de la concurrence un bénéfice, et du monopole un gage de sécurité pour tous; qui, par la puissance de son principe, au lieu de demander crédit au capital et protection à l’état, soumette au travail le capital et l’état; qui par la sincérité de l’échange crée une véritable solidarité entre les peuples; qui, sans interdire l’initiative individuelle, sans prohiber l’épargne domestique, ramène incessamment à la société les richesses que l’appropriation en détourne; qui, par ce mouvement de sortie et de rentrée des capitaux, assure l’égalité politique et industrielle des citoyens, et par un vaste système d’éducation publique, procure, en élevant toujours leur niveau, l’égalité des fonctions et l’équivalence des aptitudes; qui, par la justice, le bien-être et la vertu, renouvelant la conscience humaine, assure l’harmonie et l’équilibre des générations; une société, en un mot, qui, étant tout à la fois organisation et transition, échappe au provisoire, garantisse tout et n’engage rien

La théorie de la mutualité ou du mutuum, c’est-à-dire de l’échange en nature, dont la forme la plus simple est le prêt de consommation, est, au point de vue l’être collectif, la synthèse des deux idées de propriété et de communauté; synthèse aussi ancienne que les éléments qui la constituent, puisqu’elle n’est autre chose que le retour de la société à sa pratique primitive à travers un dédale d’inventions et de systèmes, le résultat d’une méditation de six mille ans sur cette proposition fondamentale, A égale A.

Tout se prépare aujourd’hui pour cette restauration solennelle; tout annonce que le règne de la fiction est passé, et que la société va rentrer dans la sincérité de sa nature. Le monopole s’est enflé jusqu’à égaler le monde: or, un monopole qui embrasse le monde ne peut demeurer exclusif; il faut qu’il se républicanise ou bien qu’il crève. L’hypocrisie, la vénalité, la prostitution, le vol, forment le fonds de la conscience publique: or, à moins que l’humanité n’apprenne à vivre de ce qui la tue, il faut croire que la justice et l’expiation approchent…..

Déjà le socialisme, sentant faillir ses utopies, s’attache aux réalités et aux faits: il rit de lui-même à Paris; il discute à Berlin, à Cologne, à Leipzig, à Breslau; il frémit en Angle- terre; il tonne de l’autre côté de l’Océan; il se fait tuer en Pologne; il s’essaie au gouvernement à Berne et à Lausanne. Le socialisme, en pénétrant les masses, est devenu tout autre: le peuple s’inquiète peu de l’honneur des écoles; il demande le travail, la science, le bien-être, l’égalité. Peu lui importe le système, pourvu que la chose s’y trouve. Or, quand le peuple veut quelque chose, et qu’il ne s’agit plus pour lui que de savoir comment il pourra l’obtenir, la découverte né se fait point attendre: préparez-vous à voir descendre la grande mascarade…..

No comments: